26 mars 2010 - 17:55
Heure : 00h50
Lieu : 23 Passage Courtois, 75011 Paris, France
Bonjour,
On a eu un problème. Selon des sources sûres, Le Truc s’est volatilisé dans un passage obscure du 11ème arrondissement à 00h50.
Le Truc est le fruit d’une expérimentation à haut risque. Errant dans la nature, et peut-être détérioré, il est possible qu’il devienne terriblement dangereux. En se faisant passer pour des gens du milieu, l’Organisation a pris contact avec Eurydice. Voici ses propres mots : « J’étais dans un taxi. Je rentrais chez moi. Le Taxi s’est arrêté. Il était à peu près 1 heure du matin. Du reste, je ne me souviens pas. »
Mesdames, Messieurs, voici un appel urgent. Quiconque verrait Le Truc passer, doit absolument et immédiatement contacter l’Organisation. Le Truc, s’il est cassé, est incontrôlable. Celui qui détient Le Truc court un grand danger. Si vous êtes cette personne, prenez contact avec l’Organisation au plus vite, il en va de la sécurité de tous.
X.
24 mars 2010 - 20:40
Heure : 20h00
Lieu : 21-27 Rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris, France
Paul fume une cigarette sur le perron. Sandra le bouscule en courant et lui cogne l’épaule. Il râle. Sandra arrête sa course, le regarde droit dans les yeux et lui dit : « Tout ça, c’est à cause de toi ! » Sans lui laisser le temps de réagir, elle lui balance Le Truc à la gueule et continue sa course.
Il la voit partir, tout de noir vêtue. Juste à ce moment là, Eurydice, habillée d’une ample robe blanche, passe le pas du portail. Elles se croisent. L’une de dos, fuyant ses actes, l’autre face à lui, joyeuse, un peu naïve, qui le regarde en lui faisant un signe. Il lui répond. Sandra a disparu.
Eurydice embrasse Paul, lui prend la main et tombe sur Le Truc. Il reste un instant silencieux. La vérité la blesserait tellement. Sandra est partie sans se retourner. De toute manière, elle ne reviendra pas.
« C’est un cadeau, ma chérie. Je ne voulais pas que tu le vois avant la fin de la soirée. » Elle lui demande ce que c’est. Paul n’en sait strictement rien. « Je ne peux pas te dire, c’est une surprise. Quand tu seras chez toi, ouvres-le en pensant à moi. »
Eurydice lui saute dans les bras. Paul l’embrasse, et lui dit qu’il doit aller parler à quelques connaissances du milieu. Il part sans se retourner.
24 mars 2010 - 09:38
Heure : 05h38
Lieu : 21-27 Rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris
Iris entend de la musique dans la salle du fond. Ses mains transpirent. Elle lui a recommandé, au téléphone, de s’habiller en noir. D’un pas pressée, elle descend les escaliers et manque de trébucher à cause de son long manteau. Elle bouscule un homme et s’excuse de sa maladresse. Arrivée devant son employée, elle lui fait signe de la suivre. Elles passent derrière le grand escalier, et entrent dans le théâtre vide. Il fait sombre. Iris met la main dans la poche intérieure de son manteau. Gardant la main dedans, elle lui murmure : « Remettez-lui en personne. Dans ce milieu, faut faire gaffe! ». Elle lui file Le Truc sans un mot de plus, lui serre la main et s’en va. Sandra ne sait pas comment elle a pu se retrouver mêlée à l’horreur qu’elle tient dans les mains. Elle met rapidement Le Truc dans sa poche. En se retournant, elle voit les yeux d’un régisseur posés sur elle. Elle lui sourit et prend son téléphone : « Un homme nous a vu, que dois-je faire ? »
23 mars 2010 - 08:08
Heure : 00h15
Lieu : 21-27 Rue de la Folie-Méricourt, 75011 Paris
« Vous êtes Iris, n’est-ce pas? Je suis ravie de vous rencontrer? »
Iris ne connait pas cette jeune femme, mais son amie avait raison, elle est charmante et lui inspire une grande confiance.
« Surtout, ne vous méprenez pas sur la nature de notre rencontre », dit Maria. « Je ne veux absolument pas vous mettre dans l’embarras. Si vous ne souhaitez plus m’aider après l’avoir vu, je ne vous en voudrais vraiment pas. »
Iris prend Le Truc et le parcourt longuement des yeux. A un moment, elle s’arrête et lui demande : « Vous semblez avoir des idées quelque peu décousues, non? »
Maria acquiesce de la tête.
Iris lui dit : « Décousues… mais intrigantes. J’aime ça. Je le garde ; je vais voir ce que je peux faire. Oui ! Je le transmettrais à quelqu’un qui pourra vous aider. »
Maria remercie Iris en lui serrant énergiquement la main. Iris la regarde partir, puis baisse son regard sur Le Truc.
Pourquoi a-t-elle promis à sa vieille amie d’aider cette jeune femme? Le Truc est lourd, sans forme… des bouts assemblés sans aucune valeur… mais elle a promis. Elle le range dans sa poche et cherche un bon moyen de s’en débarrasser au plus vite.
22 mars 2010 - 02:00
Heure : 00h15
Lieu : Bar, Paris 10ème, vers la Rue des Petites Écuries.
Ses chaussures à talons argentées brillent sur le zinc. Elle est debout sur la table. Au moment où Maria ouvre la bouche, son talon subrepticement glisse sur le rebord de la table. BAM ! Elle se retrouve le cul par terre. Brigitte se précipite vers Maria qui se tient le visage dans les mains.
Brigitte relève doucement Maria. Secouée par sa chute, elle va prendre l’air en terrasse. Les giboulées de mars, en avance, trempent les trottoirs. Il est 00h15 du matin et la rue orange est encore blindée de monde.
« Mariquita! Pour tes 26 ans, j’ai décidé de te faire un regalo un peu spécial! », s’exclame Brigitte dans son dos. Elle lui demande de fermer les yeux et sort Le Truc de sa poche.
Maria, les yeux encore rouges de larme, s’approche, prend Le Truc et le serre très fort dans ses bras. Elle caresse Le Truc et lui chuchote quelques mots que Brigitte n’entend pas. Elle relève la tête sur son amie : « Bouh! j’suis folle, j’lui parle…j’crois qu’j’ai trop bu. » « Mais non, Maria, il est là pour ça. Dis-lui son nom, il n’en a pas encore. » Maria sourit à Brigitte, regarde Le Truc, le tourne dans tous les sens, puis lui dit : « Dorénavant, tu te nommera « La Cosa ».
21 mars 2010 - 14:30
Heure : 14h15
Lieu : CMP, Centre de psychologie, Gare de l’Est.
Annie le tient fermement dans son pantalon. Elle est accoudée à une ancienne cheminée qui ne fonctionne plus, une grande cheminée marbrée du 19ème siècle. « Pourquoi ne l’ai-je pas brûlé ? » se questionne-t-elle.
Elles boivent leur café et se mettent à papoter. Annie a mis son masque ; ce ne sera pas encore pour cette fois. « Je dois me remettre au travail, Annie, mais ça m’a vraiment fait plaisir de te voir! »
Annie se jète alors dans ses bras, l’étreint longuement et lui chuchotte : « Tiens! J’voulais le jeter pour l’oublier, mais je te jure, je ne peux pas… y’a rien à faire. Je suis si désolée. »
Elle ne lui laisse pas le temps de poser de question et s’échappe en courant. Brigitte la voit partir et pose ses yeux sur Le Truc. L’emballage est étrange, comme une boule de peau refermée sur elle-même.
20 mars 2010 - 19:30
Heure : 19h
Lieu : Appartement du 11ème arrondissement
Une jeune femme au seuil de l’immeuble. Elle entre face à un miroir ; de grandes cernes marquent son visage. En vitesse, elle met un peu de rouge sur ses lèvres et grimpe les escaliers jusqu’au troisième étage.
Elle toque à la porte. Le frère d’Annie ouvre et l’emmène au salon où son père lit le journal. Dès qu’il lève les yeux sur elle, il sait que quelque chose s’est passé.
Ils sont assis tous les trois. Sur la table basse se trouvent quelques journaux et deux verres. Le silence s’installe devant le malaise de la jeune femme.
D’un geste fébrile, elle fouille dans son sac, et prend Le Truc qui pèse depuis quatre jours sur sa vie. Elle le pose sur la table et à voix basse : « Surtout ne l’ouvrez pas, je vous en prie. » « Ne t’inquiète pas, je le donnerais à Annie dès qu’elle arrivera.» , répond le père . La jeune femme se lève pour partir ; le père lui propose de rester, mais elle refuse.
En la raccompagnant, le frère demande à la jeune femme si quelque chose de grave est arrivé. Avec un petit rire nerveux, elle secoue la tête. Lorsqu’il revient au salon, son père et lui toisent Le Truc et cherchent silencieusement ce qu’il peut bien renfermer.